La déesse Kali ou Durga...

 

La déesse Kali ou Durga...




" D'un bond, la déesse Kali descendit de l'autel et décapita
sur-le-champ tous les brigands avec le sabre même qu'ils
comptaient utiliser pour tuer Jada Bharatha. "
( Srimad-Bhagavatam / Chant 5 / Chapitre 9 / Versets 12 à 20 / )


Un jour, désireux d’obtenir un fils, le chef d’une bande de brigands issu d’une famille de ilidras, voulut rendre un culte à la déesse Bhadra Kali en offrant une victime humaine —un simple d’esprit, considéré comme étant au rang de l’animal.

Le chef des brigands avait capturé une sorte d’animal humain en vue du sacrifice; celui-ci s’étant enfui, il ordonna à ses hommes de le retrouver. Ceux-ci partirent à sa recherche, courant dans toutes les directions, mais en vain. Errant ça et là au milieu de la nuit qui les enveloppait d’une obscurité profonde, ils atteignirent une rizière où ils apercurent, assis sur une butte, le digne descendant de Angira [Jada Bharata] qui gardait les champs contre les éventuelles incursions des cerfs et des sangliers. 

Les hommes de main du chef des brigands estimerent que Jada Bharata possédait toutes les caractéristiques d’un homme-animal; aussi décidérent-ils qu’il constituait une offrande de premier choix pour le sacrifice envisagé par leur maitre. Le visage radieux, ils ligoterent Jada Bharata et l'amenérent au temple de la déesse Kali.

Ensuite, suivant un rituel de leur invention pour sacrifier un homme-animal, les brigands baignérent Jada Bharata, le vétirent de nouveaux habits, et le parérent d’ornements convenant a un animal; ils enduisirent son corps d’huiles parfumées puis le marquérent de tilaka, de pulpe de santal et ils lui passérent des guirlandes autour du cou. L’ayanl nourri abondamment, ils l'amenérent devant la déesse Kali, en offrant a celle-ci de l’encens, des lampes, des guirlandes, des graines rôties, de jeunes bourgeons, des pousses germées, des fruits et des fleurs. C’est ainsi qu’ils rendirent un culte a la divinité avant de mettre a mort l’homme-animal. Entonnant divers chants et récitant des priéres tout en s’accompagnant de trompes et de tambours, ils firent asseoir Jada Bharata devant la divinité.

A ce moment, un des brigands remplissant les fonctions de grand sacrificateur s’appréta à offrir à la déesse Kali le sang de Jada Bharata -qu"il prenait pour un homme-animal— pour qu’elle s’en délecte comme d’une liqueur. Il prit un sabre d’aspect redoutable au tranchant bien acéré, et le consacrant au moyen du mantra de Bhadra Kali, le leva pour décapiter Jada Bharatha.

Tous les malfaiteurs qui avaient participé à l'organisation de ce sacrifice destiné à la déesse Kali étaient de vile mentalité et enchainés par la passion et l'ignorance. Débordants de cupidité, ils osaient désobéir aux ordres des Vedas en s’apprétant à tuer Jada Bharata, lui qui étail une âme réalisée issue d’une famille de brahmanas. Dans leur perversité, ces brigands l’avaient amené devant la déesse Kali pour le lui sacrifier. De tels individus se consacrent toujours à des oeuvre! mauvaises, et c’est ainsi qu’ils osèrent lever la main sur Jala Bharata, lui qui était le meilleur ami de tous les étres. Cet homme n’éprouvait de haine à l’égard de personne et il s’abîmait sans cesse dans une méditation sur le Seigneur Souverain. En outre, son pére comptait parmi les brahmanas éprouvés. Le tuer était stricternent interdit, même s'il avait été un ennemi ou un individu belliqueux. Quoi qu’il en soit, il n’y avait aucune raison de tuer Jada Bharata, et la déesse Kali ne pouvait supporter que soit accompli un tel geste. Elle comprit immédiatement que les brigands impies s’apprétaient à mettre à mort un grand dévot du Seigneur. Soudain, le corps de la murti se brisa en deux, et la déesse Kali en personne en sortit, le corps brilllant d’un éclat si intense qu’il en était insoutenable.

Ne pouvant tolérer les offenses commises, la déesse Kali en furie, jetait des regards flamboyants de ses yeux rouges et découvrait ses redoutables dents incurvées. Elle avait un aspect des plus terrifiants; on aurait dit qu’elle s’apprétait ainsi à détruire toute la création. D’un bond elle descendit de l’autel et décapita sur-le-champ tous les brigands avec le sabre méme qu’ils comptaient utiliser pour tuer Jada Bharata. Puis elle se mit it boire le sang chaud qui s’échappait de leurs cous, comme si ce sang avait été une boisson enivrante, imitée par les sorcières et les démones qui formaient sa suite. Grisées par le sang, elles se mirent toutes à chanter d’une voix forte et à danser comme si elles étaient sur le point d’anéantir l’univers entier, tout en jouant au ballon avec les têtes des malfaiteurs.

(Sukadeva Gosviimi dit alors à Maharaja Pariksit) :
Ô Visnudatta, ceux qui savent déjà que l’âme est distincte du corps, qui sont libérés du noeud implacable du coeur, qui toujours agissent pour le bien de tous les êtres et jamais n’envisagent de faire le moindre mal à qui que ce soit, ceux-là jouissent toujours de la protection de Dieu, la Personne Suprême, qui porte Son disque [le sudarsana-cakra] et agit comme le temps suprême pour faire périr les asuras et protéger Ses dévots. Les bhaktas se réfugient toujours aux pieds pareils-au-lotus du Seigneur, si bien qu’ils restent sereins en toutes circonstances, même s’ils s’attendent  à être décapités. Pour eux, il n’y a Ià rien d’étonnant.



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