Les principes fondamentaux de la nature matérielle.

 

Les principes fondamentaux de la nature matérielle.





Les princpes fondamentaux de la nature matérielle.

Kapiladeva instruit sa mère Devahuti.

Kapila, le Seigneur Suprême, poursuivit:

O Ma mère, Je vais maintenant te décrire les différentes divisions de la Vérité Absolue; les connaissant, tout homme échappe à l'influence des trois gunas.

Le savoir représente la perfection ultime de la réalisation spirituelle. Et Je vais t'expliquer ce savoir, par lequel sont tranchés les nœuds de l'attachement à l'univers matériel.

Le Seigneur Souverain est l'Ame Suprême, et Son existence est sans commencement. Il transcende les trois gunas et vit au-delà de l'univers matériel. On peut Le percevoir en tous lieux, car II rayonne de Sa propre lumière,  et par Sa radiance propre il maintient la création tout entière.

Diversifiée par l'effet de ses trois attributs, la nature matérielle engendre les formes des êtres vivants, lesquels, voyant cela, tombent sous l'influence de l'énergie illusoire qui voile leur savoir.

En raison de son oubli, l'être distinct, de nature spirituelle, accepte pour champ d'action le domaine d'influence de l'énergie matérielle, et attribue faussement à son être propre les actes qu'il accomplit sous cette influence.

La conscience matérielle se trouve à l'origine de l'existence conditionnée, au sein de laquelle l'énergie matérielle impose mille conditions à l'être distinct. Bien que l'âme spirituelle n'agisse pas elle-même et transcende de telles activités, elle n'en devient pas moins affectée par cette forme d'existence.

La nature matérielle se trouve à l'origine du corps et des sens matériels de l'âme conditionnée ainsi que des devas qui dirigent les sens. Ceci est bien connu des hommes de savoir. Quant aux sentiments de bonheur et de détresse éprouvés par l'âme, qui par nature transcende la matière, ils sont issus de l'âme spirituelle même.

Devahuti dit:

O Seigneur Souverain, veuille dépeindre les caractéristiques de la Personne Suprême ainsi que Ses énergies, car ensemble, elles représentent les causes de cette création dans sa forme manifestée aussi bien que non manifestée!

Dieu, la Personne Suprême ( Krishna ), dit:

La combinaison éternelle des trois gunas à l'état non manifesté représente l'origine de l'état manifesté et a nom , pradhâna. Lorsqu'elle devient  manifestée, elle prend le nom de prakrti.

L'ensemble des éléments matériels, à savoir les cinq éléments grossiers les cinq éléments subtils, les quatre sens internes, les cinq sens permettant l'acquisition du savoir et les cinq organes d'action, sont connus sous le nom de pradhana.

Les cinq éléments grossiers sont la terre, l'eau, le feu, l'air et l'éther. Quant aux cinq éléments subtils, ce sont l'odeur, le goût, la couleur, l'objet du toucher et le son.

Les sens internes, subtils, se manifestent de quatre façons, sous la forme du mental, de l'intelligence, du faux ego et de la conscience souillée. On ne peut Ies distinguer que par leurs fonctions respectives, lesquelles présentent divers traits caractéristiques.

Tous ces éléments constituent le Brahman dit saguna, ou doté d'attributs. Et l'élément qui les fait se combiner entre eux, c'est-à-dire le temps, est considéré comme le vingt-cinquième de la liste.

L'influence de Dieu, la Personne Suprême, se fait sentir à travers le facteur temps qui suscite la peur de la mort chez l'âme égarée par le faux ego, au contact de la nature matérielle.

Ma chère mère, toi la fille de Svâyambhuva Manu, sache que le facteur temps, tel que Je l'ai décrit, représente le Seigneur Souverain, d'où procède la création par suite de la mise en mouvement de la nature non manifestée, ou neutre.

A travers le déploiement de Ses puissances, le Seigneur Souverain ajuste tous ces différents éléments, demeurant Lui-même à l'intérieur de tout ce qui est en tant que l'Ame Suprême, et à l'extérieur sous la forme du temps.

Après que le Seigneur Souverain ait introduit Sa puissance interne dans le sein de la nature matérielle, celle-ci délivre l'intelligence globale du cosmos, connue sous le nom d'Hiranmaya. Tout cela s'opère à l'intérieur de l'énergie matérielle lorsqu'elle est mise en mouvement sous l'influence de la destinée des âmes conditionnées.

Puis, après avoir manifesté la variété, le mahat-tattva resplendissant qui contient en lui tous les univers, qui se trouve à l'origine de toutes les manifestations cosmiques et qui résiste à l'action du temps au moment de l'annihilation, dévore les ténèbres qui ont recouvert son éclat au moment de la dissolution.

La vertu, ce niveau où l'on perçoit clairement et sobrement la Personne Divine et que l'on désigne généralement sous le nom de vâsudeva, ou de conscience, devient alors manifestée dans le mahat-tattva.

Après la manifestation du mahat-tattva, ces caractéristiques apparaissent ensemble. Tout comme l'eau à l'état pur, qui ne s'est pas mêlée à la terre, est douce, claire et limpide, la conscience pure est parfaitement sereine, cristal line et inaltérée.

L'ego matériel procède du mahat-tattva, lui-même issu de l'énergie propre du Seigneur. Ce faux ego s'avère fondamentalement doté de trois pouvoirs d'action, selon la vertu, la passion et l'ignorance; et c'est à partir de ces trois formes d'ego matériel que le mental, les sens de la perception, les organes d'action et les éléments grossiers se manifestent.

Le triple ahankâra, qui représente la source des éléments grossiers, des sens et du mental, est identique à ceux-ci car il en est l'origine. On le connaît aussi sous le nom de Sankarsana, qui n'est autre que Sri Ananta en personne avec Ses mille têtes.

Ce faux ego se définit comme l'agissant, comme l'instrument et comme l'effet. On le qualifie encore de serein, d'actif ou d'inerte selon qu'il est influencé par la vertu, la passion ou l'ignorance.

A partir du faux ego dans la vertu survient une autre transformation, d'où naît le mental; et ce sont les pensées et les réflexions qui font s'éveiller les désirs.

Le mental de l'être conditionné est connu sous le nom d'Aniruddha, le maître ultime des sens. Il possède une Forme d'un bleu sombre, qui le fait ressembler à un lotus automnal. Les yogis parviennent peu à peu à La découvrir.

De la transformation du faux ego dans la passion, ô femme vertueuse, naît l'intelligence, laquelle a pour fonction d'aider à déterminer la nature des objets perçus et d'assister les sens.

Le doute, la bonne et la mauvaise compréhension, la mémoire et le sommeil, tels que déterminés par leurs différentes fonctions, constituent les traits propres de l'intelligence.

Lorsque l'énergie sexuelle du Seigneur Suprême agit sur l'égoïsme marqué par l'ignorance, l'élément subtil qu'est le son devient manifesté, et du son proviennent l'espace éthéré et l'ouïe.

Les sages qui possèdent le véritable savoir définissent le son comme ce qui exprime le sens d'une chose, et ce qui indique la présence d'un orateur invisible à nos yeux; le son constitue la forme subtile de l'éther.

Les mouvements et les caractéristiques propres à l'éther peuvent être perçus comme autant de facteurs d'accomodation des habitats internes et externes de tous les êtres vivants, à savoir les champs d'action du souffle vital, des sens et du mental.

A partir de l'existence éthérique, qui procède du son, se produit sous l'impulsion du temps une nouvelle transformation qui entraîne la manifestation d'un élément subtil composé des objets du toucher, puis de là, celle de l'air et du toucher à proprement parler.

L'action de l'air se manifeste par différents mouvements, par le fait d'amalgamer, de permettre la perception des objets du son ainsi que les autres perceptions sensorielles, et d'assurer le bon fonctionnement de tous les autres sens.

Par l'interaction de l'air et des sensations tactiles, l'être reçoit différentes formes selon sa destinée. De l'évolution de ces formes surgit le feu, et les yeux peuvent dès lors distinguer diverses formes et couleurs.

Ma chère mère, la forme est caractérisée par sa dimension, sa qualité et son individualité. La forme du feu est appréciée à travers son rayonnement.

Le feu est donc perçu à travers sa lumière, mais aussi à travers sa capacité à cuire les aliments ainsi qu'à les digérer, à vaincre le froid, à évaporer les liquides et à susciter la faim et la soif comme le fait de manger et de boire.

Sous l'action du feu et des sensations visuelles, l'élément subtil qu'est la saveur se développe suivant un dessein supérieur. Puis, vient le goût, duquel procède l'eau, et la langue, qui perçoit les saveurs.

Bien qu'unique à l'origine, le goût, au contact d'autres substances, revêt de multiples facettes; il devient alors acide, sucré, amer, piquant, sur et salé.

L'eau est catactérisée par les propriétés suivantes: elle mouille d'autres éléments, coagule diverses substances, procure une satisfaction, maintient la vie, adoucit certaines choses, chasse la chaleur, alimente sans cesse les cours d'eau et rafraîchit en apaisant la soif.

Par l'interaction de l'eau et de la perception du goût, et selon un dessein supérieur, l'élément subtil qu'est l'odeur devient manifesté. De là proviennent ensuite la terre et le sens olfactif, par quoi nous pouvons sentir les divers |parfums de la terre.

L'odeur, bien que d'essence unique, se fait diverse —tantôt mixte, tant répugnante et tantôt parfumée, douce, forte ou acide, etc. selon les proportions dans lesquelles se combinent les substances d'où elle émane.

Les caractéristiques propres aux fonctions de la terre peuvent être perçues en modelant des formes du Brahman Suprême, en érigeant des lieux de résidence, en confectionnant des pots destinés à contenir de l'eau, etc. End'autres mots, la terre sert de soutien à tous les éléments.

 

Ces versets sont contenus dans le Srimad-Bhagavatam 3 ème chant / 26 ème chapitre. Nous nous sommes arrêté au 46 ème verset, le chapitre en contient 72.

 

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