La science de Dieu, une ...

 

Sa Divine Grâce A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupada.



La science de Dieu, une science exacte :

Dialogue entre Caitanya Mahaprabhu et Sanatana Goswami, un de Ses disciples :

Grâce aux instructions du Seigneur à Sanatana Gosvarni, nous pouvons comprendre la science de Dieu en ce qui a trait à Sa forme transcendantale, à Ses excellences et à Son service de dévotion, car le Seigneur lui a personnellement transmis toutes ces connaissances. Se prosternant aux pieds du Seigneur, c’est en ces termes que Sanatana s’enquit en toute humilité de sa propre identité véritable: " Né d’une famille de basse condition, je suis moi-même déchu, le plus bas d’entre les homrnes, et les personnes que je cotoie sont toutes de vile nature. Croupissant dans le puits sombre de la jouissance matérielle, j’ignore depuis toujours le vrai but de mon existence. En vérité, je ne sais rien de ce qui pourrait m’étre bénéfique. Dans la sphère matérielle, on me tient pour un grand érudit, mais en fait, ma bétise est telle que je me prends à y croire. En m’acceptant comme Ton serviteur, Tu m’as délivré des chaines de l’existence matérielle. Maintenant, dis-moi en quoi consiste mon devoir d’âme libérée. » 

Il ressort de cette requête que la libération ne constitue pas en soi le summum de la perfection, et qu’elle donne nécessairement lieu à des activités. Sanatana dit en effet clairement : << Maintenant que Tu m’as délivré de l’existence matérielle et que la libération m’est acquise, en quoi consiste mon devoir? » Et d’ajouter: << Qui suis-je? Pourquoi suis-je constamment en proie aux trois formes de souffrance? Dis-moi enfin comment échapper à cet enlisement matériel ? J’ignore comment il convient de s’enquérir de l’émancipation spirituelle, mais je T’implore d’avoir la bonté et la grâce de m’apprendre tout ce qu’il me faut savoir. »


Telle est la facon d’accepter un maitre spirituel. Approchant un tel maître, le disciple doit s’en remettre humblement à lui, puis s’enquérir de son progrés spirituel.  Satisfait de l’attitude soumise de Sanatana, le Seigneur lui répondit: << Krishna t’a béni, de sorte que tu sais déja tout, en plus d’être affranchi de toutes les souffrances associées à l’existence matérielle. » Le Seigneur insista sur le fait que, puisqu’il était conscient de Krishna, Sanatana connaissait naturellement tout par la grâce de Krishna. << En humble dévot, tu Me demandes néanmoins de confirmer ce que tu sais déja. Et c’est très bien ainsi. » Telle est la marque d’un vrai dévot. Le Narada-bhakti-sutra enseigne que, par la grâce du Seigneur, les âmes soucieuses de développer leur conscience de Krishna voient bientôt comblé leur désir de comprendre Krishna. << Tu es apte à protéger le service de dévotion du Seigneur, lui dit Caitanya; il est donc de Mon devoir de t’enseigner la science de Dieu, ce que ]e ferai étape par étape. » Le disciple qui approche un maître spirituel doit s’enquérir auprés de lui de sa position fondamentale. Conformément à cette approche spirituelle, Sanatana avait déja demandé au Seigneur: << Qui suis-je? Pourquoi dois-je subir les trois formes de souffrance? »Les trois formes de souffrance en question ont nom adhyatmika, adhibhautika et adhidaivika. Le terme adhyatmika désigne les souffrances issues du corps et du mental. L’être vivant souffre tantôt de maux physiques, tantôt d’afflictions mentales. Ces deux variétés d’adhyatmika, nous en avons l’expérience depuis le temps même de notre séjour dans le ventre de notre mère. Plusieurs formes de souffrance semblent ainsi profiter de la fragilité du corps humain pour nous tourmenter. On qualifie d’adhibhaudika les souffrances causées par d’autres entités vivantes. Nombre d’animaux issus de larves, dont certains insectes, peuvent ainsi troubler notre sommeil. Il arrive également que les blattes et d’autres espéces indésirables nous infligent des tourments, tout comme le peuvent divers êtres nés sur des planétes différentes de la nôtre.

Le mot adhidaivika correspond, lui, aux souffrances qui ont pour origine les devas des planétes supérieures. A titre d’exemple, citons le froid ou la chaleur extrême, la foudre, les séismes, les ouragans, la sécheresse. Quoi qu’il en soit, nous sommes constamment exposés à l’une ou l’autre de ces trois formes de souffrance.

La question de Sanatana était donc: << Quelle est la position de l’être vivant? Pourquoi subit-il sans cesse ces trois formes de tourments ? » Sanatana reconnaît son point faible: même si les masses voyaient en lui un grand érudit (et il était réellement tres versé en sanskrit), désignation qu’il acceptait lui-même volontiers, il ignorait en fait quelle était vraiment sa nature intrinsèque et pourquoi il était sujet aux trois formes de souffrance.

Le fait d’approcher un maître spirituel ne tient pas à une simple mode; il s’agit d’une nécessité pour quiconque n’est que trop conscient des souffrances matérielles et désire s’en affranchir. Une telle personne se doit d’approcher un maître spirituel. Nous en trouvons également un exemple dans la Bagavad-Gita. Quand Arjuna devint perplexe, ignorant s’il devait ou non combattre, il accepta Krishna comme maître spirituel. Et là encore, le Maitre Spirituel Suprême a personnellement révélé la nature intrinsèque de l’être, cette fois à Arjuna. 

La Bhagavad-gita nous informe que l’être distinct est, par nature intrinsèque, une âme spirituelle, étrangère à la matière, et qu’à ce titre, il constitue une étincelle de l’Ame Suprême, la Vérité Absolue, la Personne Divine. Nous y apprenons également que l’âme distincte doit s’abandonner entièrement à Krishna, l’Ame Suprême, pour trouver le bonheur: tel est l’ultime enseignement de la Bhagavad-gita

Dans Ses réponses aux questions de Sanatana, le Seigneur Caitanya reprend cette même vérité, à la différence qu’Il ne présente pas les données sur l’âme déja contenues dans la Bhagavad-gita. Il débute plutôt Son enseignement là où se termine celui de Krishna. Tous les grands dévots reconnaissent que Caitanya n’est autre que Krishna, et Son enseignement à Sanatana commence là où Il a conclu dans la Bhagavad-gita.

<< De par ta nature intrinsèque, tu es une âme vivante d’essence purement spirituelle, dit le Seigneur à Sanatana. Le corps matériel ne peut être assimilé à ta veritable identité, non plus que le mental, l’intelligence ou le faux ego. Ta véritable identité, c’est d’être l’éternel serviteur de Krishna, le Seigneur Suprême.Ton statut est de nature transcendantale. L’ênergie supérieure de Krishna est d’essence spirituelle alors que l’énergie inférieure, externe, est d’essence matérielle. Situé entre ces deux énergies, tu appartiens donc à l’énergie marginale de Krishna, ce qui veut dire que tu fais un avec Lui tout en étant distinct de Lui. Etant de nature spirituelle, tu es identique a Krishna; mais parce que tu n’en es qu’un infime fragment, tu es en même temps différent de Lui. »

Cette identité et cette différence simultanées caractérisent de tout temps la relation qui unit les êtres au Seigneur Suprême. Le statut marginal de l’être distinct nous donne de saisir cette notion << d’identité et de différence simultanées ». L’être vivant est comparable à une molecule de soleil, tandis que Krishna peut être comparé à l’astre lui-même, dans toute sa splendeur. Le Seigneur Caitanya compare les êtres vivants aux étincelles d’un feu et l’Etre Suprême au brasier même dont elles émanent. Dans ce contexte, le Seigneur cite un verset du Visnu Purana où il est dit que toute manifestation cosmique n’est que l’énergie du Seigneur Suprême. Comme le feu qui, d’où il brille, diffuse tout autour sa lumière et sa chaleur, le Seigneur — qui Se trouve en un point donné du monde spirituel — déploie er manifeste partout Ses différentes énergies. En vérité, la création entière est constituée de diverses manifestations de Son énergie. »

Spirituelle et absolue est l’énergie du Seigneur Suprême, énergie dont les êtres vivants font partie intégrante. Il existe cependant une autre énergie, appelée matière, que recouvre le nuage de l’ignorance et qui comporte de ce fait trois modes d’influence, ou gunas. Le Seigneur Caitanya cite à nouveau le Visnu Purana, selon lequel toutes les énergies inconcevables résident en la Personne Suprême du Seigneur, et l’entière manifestation cosmique opère de par celles-ci.

Le Seigneur ajoute que l’être vivant est aussi qualifié de ksetrajna, ou << connaissant du champ d’action». Le treizieme chapitre de la Gita décrit le corps comme le champ d’action et l’être vivant, comme le connaissant de ce champ (/ksetra-jna). Quoique l’être soit intrinsèquement familier avec l’énergie spirituelle ou ait le pouvoir de la comprendre, étant recouvert par l’énergie matérielle, il s’identifie au corps. Ce sentiment d’être ce qu’il n'est pas constitue ce qu’on appelle le << faux ego». Mystifié par ce dernier, l’être égaré au sein de l’existence matérielle revêt différents corps et subit diverses formes de souffrance, cependant que différentes classes d’êtres vivants possèdent à divers degrés la connaissance de leur véritable nature.

En d’autres mots, tout être vivant participe de l’énergie spirituelle du Seigneur Suprême. L’énergie matérielle étant de nature inférieure, l'être humain a le pouvoir d'échapper à son emprise pour tirer pleinement parti de l’énergie spirituelle. On lit dans la Bhagavad-gita que l’énergie supérieure est voilée par l’inférieure, qui soumet l’être vivant aux souffrances inhérentes à l’univers matériel selon l’épaisseur du voile qui le recouvre. Les âmes quelque peu éclairées souffrent moins que d’autres, mais dans l’ensemble, toutes sont sujettes à souffrir du fait que l’énergie matérielle les enveloppe.

Le Seigneur cita également le septième chapitre de la Gita, où il est dit que terre, eau, feu, air, éther, mental, intelligence et faux ego forment tout ensemble l’énergie inférieure de l’Etre Suprême. La véritable identité de l’être tient cependant à l’énergie supérieure, dont dépend entièrement le fonctionnement de l’univers matériel. La manifestation cosmique, formée d’éléments matériels, ne peut en effet s’animer sans la présence de l'énergie supérieure, qu’incarne l’être vivant. En réalité, l’existence conditionnée de ce dernier résulte de son oubli de la relation qui l’unit au Seigneur Suprême au sein de l'énergie supérieure. Ce n’est que lorsque l’être humain redécouvre sa véritable identité d’éternel serviteur du Seigneur qu’il accéde à la libération.



Cet enseignement de Caitanya Mahaprabhu à Sanatana Goswami fut traduit et commenté du sanskrit en anglais,  par Sa Divine Gâce A.C Bhaktivedanta Swami Prabhupada.