Le plus secret des savoirs !!!

 

Le plus secret des savoirs !!! (Bhagavad-Gita IX ème Chapitre )



Verset 1

« Dieu, la Personne Suprême dit: Mon cher Arjuna parce que jamais tu ne Me jalouses, je vais te donner la connaissance la plus secrète et la réalisation la plus confidentielle Ainsi seras-tu soulagé des souffrances de l’existence matérielle. »

Plus le dévot entend parler des gloires du Seigneur, et plus sa vision spirituelle grandit. Un tel processus est ainsi recommandé dans le Srimad-Bhagavatam: “Le message de Dieu, la Personne Suprême, est omnipotent, et on réalise sa puissance lorsqu’on s’entretient du Seigneur en compagnie de dévots. " Ni les érudits, ni les penseurs spéculatifs ne peuvent être d’aucune aide il s’agit d’un savoir qui doit étre réalisé. 

Le dévot est constamment absorbé dans le service du Seigneur Suprême. C’est pourquoi, conscient de l’état d’esprit et de la sincéritéde de celui qui a adopté la conscience de Krishna, Dieu lui donne l’intelligence de comprendre la science divine, en compagnie d’autres dévots. Le fait de s’entretenir de Krishna possède en soi un si grand pouvoir que ceux qui ont la bonne fortune de participer à de tels échanges en s’efforcant d’en assimiler le contenu, sont assurés de progresser sur la voie de la réalisation spirituelle. Aussi, dans ce neuvième chapitre, Krishna révele-t-Il à Arjuna une connaissance plus secrète encore que tout ce qu’Il a dévoilé jusqu’ici pour l’encourager à s’élever toujours davantage dans la pratique de Son service tout-puissant.

Le premier chapitre de la Bhagavad-gita est en quelque sorte une introduction au reste de l’ouvrage. Les deuxieme et troisieme chapitres dévoilent le savoir spirituel dit confidentiel. Les septieme et huitiéme chapitres traitant tout particulierement du service de dévotion, nous éclairent sur la conscience de Krishna et sont donc considérés plus confidentiels encore. Mais ce neuvieme chapitre, qui décrit la dévotion pure, sans mélange, est le plus confidentiel, le plus secret de tous. Et celui qui posséde cette connaissance, la plus haute de Krishna se situe naturellement au niveau transcendantal. Bien qu'il vive encore dans l’univers materiel, il n’en connait plus les souffrances. Le Bhakti-rasamrita-sindhu enseigne qu’un être animé du désir sincere de servir le Seigneur Suprême avec amour doit étre vu comme libéré, méme s'il subit encore le conditionnement de l'existence matérielle. La Bhagavad-gita confirme également dans le dixieme chapitre que quiconque prend part au serviced’amour du Seigneur est un être libéré.


Il faut accorder une importance particuliere au premier verset de ce chapitre. Les mots idam jnanam (ce savoir) renvoient au pur service de dévotion,qui comprend neuf activités: écouter les propos qui se rapportent au Seigneur,Le glorifier, se rappeler de Lui, Le servir, L’adorer, Lui adresser des prières,Lui obéir, se lier d’amitié avec Lui et tout Lui abandonner. Ces neuf pratiques dévotionnelles nous élèvent jusqu’à la conscience spirituelle, la conscience de Krishna. Ce n’est qu’au moment ou le coeur est purifié de toute souillure matérielle qu’il devient possible de comprendre la science de Krishna. Il ne suffit pas de comprendre que l’être n’est pas matériel. Il s’agit certes là du début de la realisation epirituelle; mais il faut encore savoir distinguer les activités matérielles liées au corps des activités spirituelles de celui qui comprend qu’il est distinct du corps.

Nous avons traité, dans le septieme chapitre, de la puissance de Dieu, la Personne Suprême, de Ses différentes énergies (les natures inférieure et supérieure) ainsi que de l’entière manifestation matérielle. Ce neuvieme chapitre à présent va dépeindre les gloires du Seigneur.

Arrêtons-nous, dans ce verset, sur la signification du mot sanskrit anasuyave, “celui qui n’envie pas les autres”. En général, les commentateurs de la Bhagavad-gita, même les plus érudits, sont envieux de Krishna, la Personne Suprême, et commentent le texte de manière tout a fait erronée. Parce qu’ils éprouvent de l’envie a l’égard de Krishna, leurs observations sont dénuées de toute valeur. Par contre, les commentaires faits par les dévots du Seigneur sont, eux, tout à fait authentiques. Car nul, s’il est malveillant, ne peut expliquer la Bhagavad-gita ou transmettre parfaitement la connaissance de Krishna.Quiconque, d’ailleurs, critique Krishna sans même Le connaitre ne peut être qu’un insensé. Il faut donc soigneusement éviter de lire de tels commentaires. Mais qui comprend que Krishna est Dieu, la Personne Suprême pure et absolue, pourra bénéficier pleinement de ces chapitres.

Verset 2

" Ce savoir est roi entre toutes les sciences; il est le secret d'entre les secrets, la connaissance la plus pure, et parce qu'il nous fait directement réaliser notre identité véritable, représente la perfection de la vie spirituelle. Il est impérissable, et d'application joyeuse." 


On dit du savoir contenu dans ce chapitre de la Bhagavad-gïta qu'il est roi entre toutes les sciences", l'essence même de toutes les doctrines et philosophies analysées précédemment. L'Inde nous a donné sept philosophes principaux: Gautama, Kanâda, Kapila, Yâjnavalkya, Sàndilya, Vaisvanara et, finalement, Vyâsadeva, l'auteur du Vedànta-sutra; ces maîtres n'ont laissé vide aucun secteur de la philosophie ou de la science spirituelle. Or, le Seigneur dit ici que de toutes ces connaissances, ce chapitre est le roi; qu'il constitue l'essence même de tout le savoir acquis par l'étude des Vedas et des diverses philosophies. Il est le plus secret, le plus "confidentiel" car le savoir spirituel, en lui-même secret, implique qu'on sache distinguer; l'âme du corps; et ce savoir, lorsqu'il culmine dans le service de dévotion, devient le roi d'entre tous les savoirs.

Instruits exclusivement dans la connaissance matérielle (politique, sociologie, physique, chimie, mathématiques, astronomie, technologie, etc.), la plupart des hommes n'ont pas développé ce savoir "confidentiel". Parmi tant d'institutions d'enseignement, tant d'universités qui parsèment le monde, pas une seule, malheureusement, n'enseigne la science de l'âme. Pourtant, l'âme est l'élément le plus important dans le corps: sans sa présence, il perd toute valeur. Et malgré tout, l'homme persiste à placer l'accent sur les besoins du corps, sans aucun souci de l'âme qui l'anime.

La Bhagavad-gîtâ, elle, souligne précisément, surtout à partir du second chapitre, l'importance primordiale de l'âme. Dès le début, le Seigneur enseigne que le corps est périssable, mais non l'âme. Or, ce savoir, qui permet de distinguer l'âme du corps et d'en connaître la nature immuable indestructible et éternelle, ce savoir donc, bien que déjà "confidentiel", ne donne sur l'âme aucune information positive. Certains sont parfois sous l'impression qu'à la dissolution du corps, ou au moment de la libération de ce corps, l'âme, distincte de ce corps, devient impersonnelle, pour se fondre dans un "vide". Hypothèse sans fondement: comment l'âme, si active dans le corps, pourrait-elle cesser d'agir une fois libérée du corps? L'âme est toujours active. Eternelle, elle est éternellement active, et la  connaissance de ses activités éternelles, dans le monde spirituel, est ici décrite comme constituant la part la plus "confidentielle" du savoir spirituel, le roi du savoir. 

Les Ecritures védiques définissent ce savoir comme l'acte dans sa forme la plus pure. Le Padma Purana, lorsqu'il analyse les actes coupables de l'homme, montre qu'ils sont la conséquence d'un enchaînement sans fin de péchés. Car, ceux qui agissent pour bénéficier des fruits de leurs actes se trouvent pris dans un tourbillon de conséquences très diverses, de formes de degrés multiples. Par exemple, lorsqu'on plante une graine, l'arbre n'apparaît pas aussitôt, il ne pousse pas d'un seul coup; la maturation demande un certain temps. D'abord un germe apparaît, qui se transforme en arbuste puis en arbre. Viennent ensuite les fleurs, et plus tard seulement, les fruits que celui qui a planté la graine pourra goûter, quand l'arbre sera parvenu à son plein épanouissement. De même, les actes coupables accomplis par l'homme ne fructifient qu'après une certaine période de temps. On distinguera donc divers degrés de fructification. L'acte coupable peut, par exemple, avoir déjà pris fin chez l'individu tandis que ce dernier continue d'en goûter les fruits. Il est d'autres fautes qui attendent toujours à l'état de semence; ou bien d'autres encore qui ont déjà fructifié, et donnent maintenant leurs fruits, de souffrances et de douleur.

Celui qui a mis un terme définitif aux suites de ses activités pécheresses et qui se dédie pleinement à des actes vertueux, libres des dualités de ce monde, s'engage activement dans le service de dévotion offert à Dieu, la Personne Suprême, Sri Krishna. Autrement dit, quiconque sert avec dévotion le Seigneur Suprême est déjà libéré de toutes les suites de ses actes; tous les effets de ses péchés, mûrs, latents ou encore à l'état de germe, disparaissent graduellement. Telle est la puissance purificatrice du service de dévotion, et pour cette raison, on le qualifie de pavitram uttamam, "le plus pur". Le mot uttama signifie "qui est au-delà de la matière"; tamas désigne ce monde de ténèbres, et uttama, ce qui transcende l'action matérielle. Aussi, les actes de dévotion, même si le bhakta semble parfois agir au même niveau que le profane, ne doivent jamais être considérés comme matériels; celui qui possède la claire vision et une connaissance substantielle du service de dévotion les sait purement spirituels et empreints d'amour, non souillés par les trois gunas.

La pratique du service de dévotion est dite si sublime qu'on en peut percevoir les effets de façon directe. D'autre part, l'expérience nous montre que quiconque chante ou récite les Saints Noms de Krishna:

Hare Krishna Hare Krishna Krishna Krishna Hare Hare Hare Rama Hare Rama Rama Rama Hare Hare
ressent, en temps opportun, une joie spirjtuelle incomparable, et se purifie très bientôt de toute souillure matérielle. Cela se réalise pratiquement. De plus, si non seulement on écoute les gloires du Seigneur et chante Ses Saints Noms, mais qu'on s'efforce également de propager l'action dévotionnelle, de contribuer aux activités missionnaires de la Conscience de Krishna, on se sentira graduellement progresser sur la voie spirituelle. Et ce progrès ne dépendra nullement de notre éducation, ni de nos qualifications antérieures; la voie dévotionnelle est si pure que par le simple fait d'y poser ses pas, on gagne d'être purifié.

Le Vedânta-sûtra le confirme:'Telle est la puissance du service de dévotion que quiconque s'y engage devient sans nul doute éclairé."

Ce qu'illustre l'exemple de Nârada.
D'humble naissance, fils d'une servante, il n'avait reçu aucune éducation. Mais, comme sa mère s'était mise au service de grands dévots du Seigneur, Nârada, qui l'assistait, avait l'occasion, chaque fois qu'elle s'absentait, de la remplacer auprès d'eux. Le Srïmad-Bhâgavatam rapporte ses paroles : 
"Une fois seulement, avec leur permission, je mangeai les reliefs de leur repas, et aussitôt, tous mes péchés furent effacés. Ainsi, engagé à leur service, mon cœur se purifia, et leur nature de spiritualistes me fascina.'' 

Dans ce verset, Nârada raconte à son disciple Vyâsadeva comment, au cours d'une vie passée, il servit, tout enfant, de purs dévots du Seigneur pendant les quatre mois de leur séjour au lieu où il habitait, et comment il eut avec eux un contact très intime. Parfois, les sages laissaient un peu de nourriture sur leurs plats, et le jeune garçon, qui devait nettoyer ces plats, désira goûter leurs restes. Il demanda donc un jour à ces grands bhaktas la permission de le faire, permission par eux accordée. Ces aliments sanctifiés délivrèrent Nârada des suites de tous ses actes coupables, et, comme il mangeait, rendirent progressivement son cœur aussi pur que celui des sages. Ces grands bhaktas goûtaient l'extase de toujours servir le Seigneur avec amour, en écoutant Ses gloires, en les chantant..., et Nârada, à leur contact, développa le même goût, le même désir d'écouter et de chanter les gloires du Seigneur. C'est ainsi, en la compagnie des grands sages, que grandit en lui le désir ardent d'adopter le service de dévotion. Nârada cite donc ce verset du Vedânta-sutra, où il est dit que tout s'éclaire, que tout se révèle automatiquement à celui qui simplement s'engage dans les actes de dévotion. C'est ce qu'on appelle la perception directe, que traduit le mot prakâsah.

Nârada n'était que le fils d'une servante, il n'avait pas eu l'occasion de fréquenter l'école, et se contentait d'assister sa mère dans son travail. Par bonheur, cependant, sa mère se mit au service de grands bhaktas, et il eut ainsi l'occasion, tout enfant, de les servir lui aussi. Or, par ce simple contact, il atteignit le but ultime de toute religion: le service de dévotion. Le Srîmad Bhâgavatam nous l'enseigne: les gens qui pratiquent la religion ignorent en général que la perfection de toute religion consiste à atteindre au service de dévotion. Bien que, pour comprendre le sentier de la réalisation spirituelle il faille généralement développer la connaissance védique, Nârada, lui, recueillit, sans avoir été instruit de leurs principes, les plus hauts bienfaits que confère l'étude des Vedas. La bhakti a un pouvoir tel qu'elle permet d'atteindre la plus haute perfection de la religion sans qu'on ait à en exécuter ponctuellement les rites. Comment cela est-il possible? Les Vedas nous l'expliquent: même s'il n'a reçu aucune éducation, ni étudié les Vedas, celui qui entre en contact avec de grands âcâryas peut acquérir toute la connaissance nécessaire à la réalisation spirituelle.

Joyeuse est la pratique du service de dévotion. Pourquoi? Parce qu'il consiste principalement à écouter et à exalter les gloires du Seigneur. Ainsi, on peut simplement écouter le chant des gloires du Seigneur, ou assister à des discours philosophiques sur la connaissance spirituelle, donnés par de purs acaryas. Par le simple fait de s'asseoir et d'écouter, on peut apprendre. Et on peut également savourer les reliefs de la merveilleuse nourriture offerte au Seigneur. La méthode est donc joyeuse, à tous les niveaux, et accessible même au plus pauvre des hommes. Le Seigneur dit qu'il acceptera de Son dévot la plus mince offrande, qu'il s'agisse d'une feuille, d'une fleur, d'un morceau de fruit, d'un peu d'eau, choses que partout dans le monde on peut se procurer. Il accueillera l'offrande qu'on Lui présente. Le bhakti-yoga est donc une méthode de réalisation spirituelle qui s'accomplit dans la joie, et l'Histoire en offre maints exemples: celui, entre autres, de Sanatkumâra, qui devint un grand dévot du Seigneur simplement pour avoir goûté les feuilles de tulasï offertes à Ses pieds pareils-au-lotus. Tel est le caractère merveilleux de cette voie.

Ce verset ajoute que, contrairement à ce que prétendent les philosophes mayâvâdîs, le service de dévotion est éternel. Eux aussi pratiquent parfois ce qu'ils appellent le service de dévotion, mais seulement jusqu'à ce qu'ils aient atteint la libération; alors, ils le rejettent, car, disent-ils: "A présent, nous ne faisons plus qu'Un avec Dieu." Comment qualifier de pur service de dévotion une "dévotion", un "service", aussi éphémère, faisant office d'utilité? Le véritable service dévotionnel se poursuit même après la libération. Quand le bhakta atteint le monde spirituel, le royaume de Dieu, il continue de servir le Seigneur Suprême, sans jamais chercher à s'identifier à Lui. 

En fait, nous le verrons, le vrai service de dévotion commence après la libération, lorsqu'on a atteint le niveau du brahman, le brahma-bhûta. Le bhakti-yoga permet à qui l'exécute de comprendre Dieu, la Personne Suprême. D'autre part, le Srïmad-Bhâgavatam confirme que c'est après s'être purifié par la pratique du service de dévotion ( et particulièrement après avoir écouté des lèvres d'âmes réalisées le Srimad-Bhâgavatam et la Bhagavad-gîta), qu'on peut comprendre la science de Krishna, la science de Dieu. Quand le cœur se purifie de toute souillure, alors on peut comprendre ce qu'est Dieu. Aussi le senvice de dévotion, la conscience de Krishna, est-il roi parmi toutes les sciences, roi des savoirs secrets, ou "confidentiels"; il constitue la forme la plus pure de la vie spirituelle et s'accomplit joyeusement, sans peine: tous devraient l'adopter.

VERSET 3

 "Les hommes qui, sur la voie du service de dévotion, sont privés de foi, ô vainqueur des ennemis, ne peuvent M'atteindre; ils reviennent naître et mourir en ce monde."

 La signification de ce verset est qu'on ne peut adopter la pratique du service de dévotion sans avoir la foi. Et cette foi, c'est au contact des dévots du Seigneur qu'on l'acquiert. Mais il existe des êtres assez infortunés pour, même après avoir reçu des lèvres de sages l'enseignement des Ecritures védiques, ne développer aucune foi en Dieu. Ceux-là demeurent hésitants et incapables de se fixer dans le service de dévotion offert au Seigneur. Ainsi, la foi est un élément de première importance quant au progrès dans la conscience de Krsna. Le Caitanya-caritamrta enseigne qu'on doit être entièrement convaincu que, le seul service du Seigneur Suprême, Sri Krsna, nous permettra d'atteindre la toute-perfection. Telle est la véritable foi. Le Srimad-Bhagavatam explique à ce propos que s'engager dans le service absolu du Seigneur Suprême revient du même coup à satisfaire pleinement tous les devas et tous les autres êtres, de même qu'arroser la racine d'un arbre revient également à nourrir ses branches et ses feuilles, ou que satisfaire l'estomac satisfait toutes les parties du corps.

Après avoir lu la Bhagavad-gita, il faut rapidement en réaliser la conclusion, et abandonner toute autre activité pour adopter le service du Seigneur Suprême, Sri Krsna, la Personne Divine. Posséder la foi, c'est être convaincu de la vérité de cette philosophie. Quant à la conscience de Krsna, elle constitue le déploiement de cette foi.

Les bhaktas se classent en trois catégories: les derniers, les bhaktas de troisième ordre, sont ceux qui n'ont pas la foi. Ceux d'entre eux qui sont "officiellement" engagés dans le service de dévotion, mais poursuivent quelque objet extérieur, matériel, ceux-là ne peuvent atteindre la plus haute perfection. Ils sont pratiquement assurés de dévier de la voie, à un moment ou à un autre. Bien qu'ils servent effectivement le Seigneur, leur manque de foi et de conviction rend très difficile pour eux de demeurer dans la conscience de Krsna. Nous avons nous-mêmes l'expérience de ce fait, car dans nos activités missionnaires, nous rencontrons de telles personnes, qui, adoptant la conscience de Krsna pour des motifs inavoués, abandonnent la voie et retournent à leurs anciennes habitudes dès que s'améliore leur situation financière. Seule la foi, donc, permet de progresser dans la conscience de Krsna. Le bhakta de premier ordre, lui, est celui qui a développé une foi inébranlable et qui possède une vaste connaissance des textes enseignant le service de dévotion. Quant au bhakta de second ordre, sa compréhension des Ecritures n'est pas très profonde, mais il possède une foi ferme dans le fait que le service du Seigneur, la krsna-bhakti, constitue la meilleure de toutes les voies, et, d'emblée, l'adopte. Il est donc supérieur au bhakta de troisième ordre, qui n'a ni une connaissance parfaite des Ecritures, ni une foi très ferme, mais essaie, en toute simplicité, se laissant guider par les autres bhaktas, de suivre la voie. Celui-là, aux premiers échelons de la conscience de Krsna, risque de s'écarter du sentier, au contraire des bhaktas de deuxième et de premier ordre. Ceux de premier ordre, en particulier, sont assurés de progresser jusqu'au but final. Quant à notre bhakta de troisième ordre, même s'il a foi en la valeur du service de dévotion offert au Seigneur, il reste privé de toute connaissance de Krsna, telle que nous la livrent les Ecritures, comme le Srimad-Bhagavatam et la Bhagavad-gita. Il peut se sentir attiré vers le karma-yoga et le jnana-yoga, et parfois même se voir ébranlé, mais s'il parvient à se purifier de ces "infections", il s'élève au second, ou même au premier degré de la dévotion au Seigneur, dans la conscience de Krsna. Le Srimad-Bhagavatam décrit également trois degrés de foi en Krsna, et, dans le onzième Chant, trois niveaux d'attachement.

Celui qui, même après avoir entendu parler de Krsna et de l'excellence du service de dévotion, ne développe aucune foi, se contentant de croire qu'il s'agit là de simples panégyriques, pour celui-là, la voie dévotionnelle apparaît comme jonchée d'embûches, même si, superficiellement il va sans dire, il s'y est engagé. Il y a peu d'espoir qu'il atteigne la perfection. On voit par là l'importance primordiale de la foi dans l'accomplissement du service de dévotion.